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La compagnie de nuit comme de jour Imprimer
La Compagnie de nuit comme de jour (dirigée par Guillaume Béguin depuis sa fondation en 2006) s’intéresse aux écritures contemporaines et à un théâtre de recherche : un théâtre « de l’expérience », qui ne peut trouver son sens et son accomplissement qu’à travers une forme particulière de partage avec le public. Les formes théâtrales explorées par la compagnie de nuit comme de jour interrogent les limites de la perception du spectateur (Matin et soir, Suicide), brouillent parfois les codes de la représentation (Autoportrait), ou mêlent volontairement différents modes de narration ou styles de jeu (Matin et soir, En même temps, La Ville). Les textes choisis ont pour thème commun celui de l’identité de l’individu, de la perte de ses repères, voire de sa propre disparition, dilution ou éparpillement.

Les quatre premières créations de la compagnie mettaient en évidence la difficulté de se dire, de cerner par le langage les limites de sa personnalité, comme si celle-ci échappait sans cesse à son « propriétaire », comme si, d’une certaine façon, elle ne lui appartenait pas vraiment. Ainsi, le vieillard mourant de Matin et soir (de Jon Fosse, créé en 2007), voyait son identité se dissoudre dans celles de ses proches, de ses enfants, de ses aïeuls ; la narrateur d’En même temps (d’Evguéni Grichkovets, 2009) à l’identité trouble et aux multiples visages, faisait état de son échec à nommer « tout ce qui le traversait, chaque seconde ». Le suicidé d’Autoportrait (d’Édouard Levé, 2010) quant à lui, énumérait une liste impressionnante d’aphorismes le concernant, sans parvenir, précisément, à se cerner.

Avec La Ville de Martin Crimp, créé en 2011, la compagnie de nuit comme de jour tentait d’élargir la question de « l’identité » à celle de « l’existence ». La mise en scène mettait en évidence le trouble de celui qui, peu à peu, se dissout dans les rêveries d’un autre, au point qu’il n’existe plus par lui-même, mais seulement dans l’imagination ou le regard de l’autre. Nous sommes tous influencés et créés par les autres : au point de n’exister plus que dans leurs têtes, sous la forme d’êtres de fiction ?

Avec L’Épreuve du feu, nouvelle création de la compagnie, il s’agit d’élargir la question de l’identité ou de l’existence à la notion « d’humanité ». L’homme est-il capable de se mettre à la place du pire criminel, celui qui a perdu toute empathie ? Si oui, quelle part d’ombre, aux confins de l’humanité, cela peut-il ouvrir ou souligner en lui ?

Les différents spectacles de la compagnie de nuit comme de jour ont été présentés notamment à Lausanne (Arsenic, Théâtre 2.21), à Genève (Théâtre du Grütli), mais aussi à La Chaux-de-Fonds (Théâtre ABC) et à Toulouse (Les Abattoirs).
 
 
« Crois-tu, par ailleurs,

que l’on puisse faire un rêve,

ne pas s’en souvenir,

et avoir, par ce rêve, sa vie changée ? »

Pier Paolo Pasolini

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