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Rebekka Kricheldorf

Née en 1974, l'Allemande Rebekka Kricheldorf a, comme Dea Loher, fréquenté le département de Szenisches Schreiben de l'UdK de Berlin, dont elle est sortie en 2002, à 28 ans. Elle prend immédiatement une part active à la vie théâtrale allemande en étant tour à tour dramaturge et auteur en résidence de plusieurs théâtres (Mannheim, Iena, Leipzig...) et en construisant son œuvre presque uniquement en répondant à des commandes d'écriture de la part d'institutions théâtrales de plus en plus prestigieuses. Auteure de près d'une trentaine de pièces, elle souligne qu'elle ne tient guère à aborder de nouveaux thèmes – tout n'a-t-il pas déjà été écrit? – et que son souci est davantage d'explorer la façon dont les grandes pièces du répertoire occidental trouvent un écho dans notre monde moderne; ainsi, La Ballade du tueur de conifères reprend le mythe de Don Juan en soumettant le célèbre héros à l'envie irrépressible... d'être détesté, dans une société post-soixante-huitarde où tout le monde a de toute façon couché avec tout le monde; Villa Dolorosa est une variation sur Les trois soeurs de Tchekhov, où Olga, Macha et Irina tentent désespérément de changer quelque chose, à chaque anniversaire de la cadette, à leur destin de filles à la fois snobs et banales. Feu les mains de Robert Redford détourne quant à elle le célèbre Qui a peur de Virginia Woolf? de Albee, en plaçant un couple de retraités allemands alcooliques en Namibie, ancienne colonie allemande, où il expérimente une sorte de néocolonialisme désabusé et absurde. Ce qui caractérise l'écriture de Kricheldorf sur le plan formel est son incomparable usage du Witz – du mot d'esprit, de la pointe –, qui donne à toutes ses pièces une dimension aussi comique que terrible. On y rit beaucoup tout en ayant la chair de poule face à l'implacable description de la petitesse humaine faite par l'auteure.

Ses pièces dressent avec humour le portrait d'une génération de trentenaires qui, loin de la chute du mur de Berlin et du début de la mondialisation, est en manque d'idéaux et de tabous à briser. Laurent Muhleisen

 
 

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Le Baiser et la morsure, mise en scène de Guillaume Béguin, le 18 mai 2017 à Colombes (F)